mardi 1 décembre 2009
Neretva
D'un pont à l'autre
Les mains bloquées sur la corde
Traverser pour changer d'hôte
Le sang qui galope en horde
S'installer et s'y plaire
Les poumons cherchent l'or
Une histoire hostile mais vraie
Épuise mon corps
Ici la ville brille
Là-bas les rues sont vides.
Pétillements dans la rétine.
Plus besoin d'oxygène
Pour calmer une vie anxiogène.
Expiration infime.
mardi 24 novembre 2009
Overshadowded
Lueur blafarde, faible reflet sur mes nuits blanches,
le vide rode derrière ma porte, fait les 100 pas dans le couloir.
Les ombres veillent sur mes rêves
et chaque soir y jouent leur pièce.
Ma lampe lutte de toute sa batterie
pour faire taire le manège de mon esprit,
mais les ténèbres compriment la vaillante électrique :
Rien n'y puis.
Le sombre créer la lumière par antithèse,
comme Soulages, j'extrude du néant
l'esquisse d'un monstre géant.
lundi 2 novembre 2009
Vanille de Sibérie

La vanille jette son flux musqué
dans nos contrées glacées.
Une éruption cutanée tend mes muscles
l'air cinglant
m'arrache une grimace
tandis qu'en mon sein vibre le ressac des tropiques.
A trop de joie mon visage fait face,
qu'importe tant que
m'emportent les saveurs exotiques
et que se lève l'aurore sur mon île.
jeudi 24 septembre 2009
Instantané prolongé
Un instant de perception,
le temps d'une révolution,
et souffle le vent.
Éparses les impuretés des soirées d'été,
une brise vient étonner ma joue par sa douceur,
et les jours défilant jouent les minutes effrayées,
sans cesse avalées par les secondes ;
cyniques broyeuses de cœur.
Je ne compte pas les heures perdues,
et ne veut pas les rattraper,
je me laisse mourir
pour la douce sensation
du monde qui file.
A quoi bon courir futile
pour ramasser des peccadilles ?
La vie à son lot de piment,
il suffit de faire le vide,
s'arrêter et le ravir.
mercredi 23 septembre 2009
Iphigénie/Triangle/Marbre
Des tissus et des voiles,
le confort byzantin est sa touche.
Une mélodie tourne en boucle,
lancinante la transporte ;
rassurée et couronnée,
elle se love de ces voluptés.
La musique devient décors hypnotique,
où dans ses yeux brille le noir du vide.
Désormais elle cogite donc je suis ;
là avant après toujours
Elle ne cherche même pas à s'enfuir
de cet instant qui met en perspective
ses doutes et ses faiblesses.
Non. La curiosité la fige,
et elle laisse à son corps le soin d'agir.
De ton plafond tu contemple cette sotte
qui pleure, visiblement sinistres,
ses émotions te sont nubiles.
Nymphée de marbre lugubre,
son chagrin t'es puérile lorsque
tu la vois se lever et quitter la scène ;
par le cadre du septième.
Volte face, tu n'es plus là.
mardi 22 septembre 2009
sed non satiata
La pluie ébouillante mes idées noires,
les rougie et les tient écarlates,
saillantes comme le surin.
L'eau se mêle à mes pleurs et éclate
sur le sol clair des matins de glace.
Je patine sur le bon vouloir,
souille le pavé de mes pas aléas.
Je déambule en buvant la ciguë,
à travers ma toile Vermeer,
au clair/obscur c'est le sombre que je profère.
Sous la pluie, seuls mes vers,
seuls les élans s'animent,
une charogne créative
qui navigue dans une nuée
d'albatros conspués.
mercredi 17 juin 2009
Lucioles
Assis en tailleur, emmitouflé de nuit,
je regarde crépiter les braises ;
ardents souvenirs rallumés.
Je baise le ciel à âme ouverte,
taille dans ses soleils des éclats de sève
et parachève ma symphonie d'une larme.
Je tends la main vers le feu asphyxié,
mes doigts souillés caressent le Horla,
des cendres d'un feu brasier,
puis les porte à mon pouls,
glacé.
To the Haggis
Grand jour, lumière suffocante,
asservissante ;
je cligne des yeux pour finalement laisser choir mes paupières,
soumit à la félicité, à son pouvoir ravissant.
Le cortex raviné, la clairvoyance abîmée,
le foie aviné,
je saute,
pieds joints, mains liées dans la liesse.
Claire facilité, gouffre de mes faiblesses ;
je cède.
Rompu, l'éclat aveuglant : ma sirène ;
qu'on m'attache au mat
sinon je me noie.
Personne n'est là, n'agit,
je lève mon verre to the Haggis
jeudi 11 juin 2009
Premiers mouvements
Le promeneur solitaire n'avance pas,
il lance un pied devant l'autre
et on verra.
Balade automatique
donne un assemblage de pas,
épique,
et vas de l'avant,
en transe, valse
avec l'inconscient en quête de non-sens,
sans interdit, le contre sens par excellence
pêche le labeur de ses errances
dans la liberté de sa décadence.
Déchu mais toujours debout,
le promeneur solitaire déçu,
flanche, penche, tombe mais se rattrape,
il traîne ses entraves, supplicié
comme Tantale, tantôt moqué,
tantôt admiré, tant d'autres ont chuté.
Lui ère, face au vent libertaire,
poussé par l'élan,
lancé dans le cycle de son mouvement.
mercredi 10 juin 2009
Relents de bile
Tu es sale et violente
on ne t'as rien apprit de mieux.
Dans tes catacombes puants,
tu exhumes ma chair, c'est ton jeu.
A la vue de cette charogne putrescente,
tu éprouves un plaisir franc,
l'odeur te sied,
oui tu prends ton pied ;
la mort te rend ivre,
et tu te saoule de ses cris.
Mon cadavre au soleil se tarit,
tandis que tu t'abreuves de sa douleur
je rejoints les rives du Styx,
hanté par ton rire et ses saveurs.